L’ART ET LA SCIENCE, UN APPEL EN CATASTROPHE

L’ART ET LA SCIENCE, UN APPEL EN CATASTROPHE
Pour ses voeux 2018, l’IHEST a proposé, au théâtre de la Reine Blanche, une pièce de théâtre imaginée par Yoann Moreau, Fabrice Gorgerat et Fiamma Camesi

« Nous n’avons jamais été modernes écrivait Bruno Latour il y a 25 ans. Nous n’avons jamais été ces individus rationnels dénués de poésie, de mélancolie, d’angoisse, de folie…. ». C’est par ces mots que Yoann Moreau ouvre le spectacle proposé le 18 janvier 2018 par l’IHEST à l’occasion de sa cérémonie de voeux. Pour commencer l’année de façon originale, inventive et festive, tout en plongeant le spectateur au coeur des relations science-société et singulièrement au coeur du thème fil rouge du cycle national 2017-2018, L’inconnu et l’incertain, comment les distinguer et faire avec, l’anthropologue Yoann Moreau et le metteur en scène Fabrice Gorgerat ont choisi de créer, à la demande de l’IHEST, un spectacle incluant trois scènes de pièces récentes de la compagnie Jours tranquilles consacrées aux risques, aux catastrophes technologiques et à la façon dont elles sont perçus par le public : le nucléaire, l’obésité et le changement climatique (Médée/Fukushima ; Manger seul ; Blanche / Katrina). Et pour héberger ce spectacle, qui a quelque peu déstabilisé certains spectateurs, mais nourri la réflexion de tous, comme il se doit à l’IHEST, il fallait un écrin particulier. Il a été fourni par la rencontre avec le théâtre de La Reine blanche, scène des arts et des sciences, un théâtre où les sièges et le rideau de scènes n’ont pas peur d’être de velours rouge. Un petit théâtre qui place le sectateur au coeur du spectacle vivant. Un théâtre dirigé avec entrain par Elisabeth Bouchaud, qui partage sa vie entre deux passions, la physique qu’elle exerce comme membre du Commissariat à l’énergie atomique et enseignante à l’École supérieure de physique et de chimie industrielles de la ville de Paris et le théâtre où elle fait aussi entrer la science. Le risque, les catastrophes sont donc au centre de ces quarante cinq minutes de réflexions durant lesquelles se croisent le regard de l’anthropologue qui les étudient et les gestes, les postures, les mots de l’actrice Fiamma Camesi. Cette dernière donne formidablement corps aux questionnements sur les risques que côtoient les Hommes, sur les catastrophes que subissent les sociétés. Réflexions sur les catastrophes et sur le parcours du chercheur, le spectacle donne aussi à voir, et à penser, sa rencontre avec l’acteur et l’image qu’il lui renvoie en interprétant ses propos, en métaphorisant l’impact des catastrophes.

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